mercredi 22 janvier 2014

Nos vies valent plus que leurs profits !

Accord de libre échange
américano-européen (TAFTA) :
Nos vies valent plus que leurs profits !

« Pour vivre heureux vivons caché » : c'est ici la devise dont pourrait se prévaloir les négociateurs du futur accord de libre échange américano-européen, le Transatlantic Free Trade Area (TAFTA). Cet accord, en construction depuis le 8 juillet dernier, cherche à instaurer un vaste marché de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis, allant au-delà des accords de l’OMC.
Rien ne devra échapper à l'avidité des tenants du libéralisme sauvage et tout doit être fait pour ne pas troubler le bon déroulement de ces discussions hautement confidentielles.




Pour l’Union syndicale Solidaires 56, il n’est pas question de laisser faire : c'est pourquoi nous invitons les citoyens à s’informer, à se rapproprier une parole qui légitimement leur appartient.
Sécurité des aliments, normes de toxicité, salaires, assurance-maladie, liberté du Net, protection de la vie privée, culture, droits d’auteur , ressources naturelles.... la liste n'est pas exhaustive: l'accord entend imposer les préceptes du néo-libéralisme dans toutes les sphères de nos vies.
Il prévoit que les législations en vigueur des deux côtés de l’Atlantique se plient aux normes du libre-échange établies par et pour les grandes entreprises européennes et américaines. Il soumettra les Etats, donc nous-mêmes, au seul pouvoir de l'argent et du profit. Cet accord fait écho à l'accord multilatéral sur l’investissement (AMI) qui en son temps fut dévoilé in extremis aux peuples concernés, et qui fut heureusement stoppé.
Solidaires 56 considère que le combat à mener contre ce futur accord est essentiel : démocratie, solidarité, acquis sociaux... ne sont pas négociables. Pas question de céder aux multinationales la définition des règles, de leur donner le pouvoir d’abolir les législations et réglementations dès qu’elles considéreront qu’elles réduisent leurs profits ! Ceci conduirait à un nivellement par le bas des règles sociales, économiques, sanitaires, culturelles et environnementales, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis.

Trois conférences de Raoul Marc Jennar sur cet accord sont organisées dans le Morbihan par le collectif anti-TAFTA, dont Solidaires fait partie


  • le lundi 27/01 à 20h30 à Pontivy (Salle des Sports),
  • le vendredi 31/01 à 20h30 à Lorient (Cité Allende), 
  • le lundi 3/2 à 20h30 à Vannes (Palais des Congrès).





jeudi 16 janvier 2014

Un Président pour les patrons... mais pour les travailleurs ?

Le président François Hollande a été très clair ce mardi durant sa conférence de presse : les orientations qu’il donne à sa politique sont parfaitement libérales et antisociales, et répondent aux vœux du MEDEF. Même l’UMP applaudit à ces perspectives !

Solidaires 56 réagit au lendemain de cette déclaration, car les salariés de notre département vont être rapidement impactés par des décisions qui ne créeront malheureusement pas l’emploi tant attendu, ni ne réduiront les inégalités auxquelles notre département n’échappe pas.

Dans ces orientations, pas question de progrès, de protection  sociale, ni de pouvoir d’achat, encore moins de répartition plus juste des richesses. Les intérêts et la prise en compte des difficultés croissantes des salariés, des fonctionnaires, des privés d’emplois, des plus précaires n’y sont pas.

Le début du quinquennat a été marqué par des mesures économiquement inefficaces et socialement injustes : exemption pour le patronat du paiement des cotisations sociales de la branche famille (35 milliards d’euros), fausse remise à plat fiscale, développement de nouveaux contrats de grande précarité (contrats d’avenir, célébrés en grande pompe notamment à Lanester)…

Celles annoncées lors de la conférence de presse vont encore plus loin :

· Avec le pacte de responsabilité, le patronat paiera moins de cotisations sociales, et les salariés devront en régler la facture : car la baisse des dépenses publiques entraîne la dégradation de la redistribution sociale (dont la sécurité sociale) et des services publics. Parler de contreparties à ces largesses (en termes d’emplois ou de salaires) est un mensonge : depuis des décennies les gouvernements successifs ont multiplié les exonérations de cotisations sociales pour le patronat, et le chômage ne cesse d’augmenter. Car ce ne sont pas l’emploi ni les salaires qui ont gagné, mais la sphère financière, la rémunération du capital. C’est la raison première du désastre humain, social et économique que subissent, particulièrement en Bretagne, les salariés des grandes entreprises comme des petites, les chômeurs, les jeunes en formation, les retraités. Solidaires 56 combat cette politique libérale, qui progressivement détruit tout ce qui reste de garanties et de protection sociales, diminue la part des richesses produites en faveur des salaires, permet de licencier sans entrave comme le permet la loi mal nommée de « Sécurisation de l’emploi ».

· En Bretagne, les salariés se sont mobilisés massivement pour s’élever contre les plans de licenciement d’entreprises agro-alimentaires, contre les difficultés sociales et environnementales que connaît le territoire, contre la poursuite insensée d’un modèle libéral impitoyable. Que répond le président ? Il refuse de s’attaquer à la question essentielle du coût du capital (dividendes, optimisation, évasion et fraude fiscales, délocalisations, spéculation financière, système bancaire, etc.), il tourne le dos à une politique de transformation économique, sociale, écologique, nécessaire notamment dans notre région, et qui doit rompre avec le libéralisme.

· Les services publics vont être gravement impactés. Pour financer le cadeau au patronat, il faut supprimer 50 milliards d’euros de dépenses publiques. Or la dépense publique, c’est  du service aux citoyens, de l’investissement, de la protection sociale... Pour Hollande, il faut donc restreindre tout cela, alors que c’est un élément moteur de la cohésion sociale. De plus, le Président de la République a fermé la porte à tout espoir de progrès social pour les fonctionnaires. Dans notre département, cette restriction est déjà à l’œuvre, par exemple dans les Finances Publiques ou à Météo France :

  •    La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a perdu 30 000 emplois entre 2002 et 2014. Elle ne peut faire face à ses dépenses de fonctionnement. Avec une telle réduction des moyens, comment faire croire que l’administration peut bien accueillir et accompagner le public, lutter efficacement contre la fraude, conseiller les collectivités locales dans de bonnes conditions ? La Direction départementale des finances publiques du Morbihan n’est pas épargnée : elle perd 24 emplois en 2014, après en avoir perdu 32 en 2013, 26 en 2012, 23 en 2011. Depuis 2003, 227 emplois ont été détruits. Solidaires Finances Publiques 56 se bat contre cette casse organisée poursuivie par un gouvernement prétendument « de gauche ».
  •    Le Centre départemental Météo de Vannes est dans la tourmente. Sa fermeture est programmée pour 2015, alors que son activité est plus que jamais essentielle : lors des intempéries de la  fin 2013 et du début 2014, les agents ont été fortement sollicités et impliqués lors des prises de décisions concernant la sécurité des personnes et des biens. Avec Solidaires Météo, premier syndicat, ils doivent maintenant se battre pour  le maintien  de cette  entité  de  MétéoFrance sur le sol morbihannais, indispensable  en  cas  de  crise,  toujours disponible et connaissant parfaitement le département.

·  Enfin, la hausse de la TVA est au cœur de cette injustice sociale. Le collectif "STOP TVA", qui regroupe déjà une vingtaine d’organisations, partis politiques, syndicats, association, et dont fait partie Solidaires, a lancé officiellement aujourd’hui sa campagne contre cette  hausse et pour une fiscalité juste, écologique et solidaire.

Solidaires 56 appelle à la construction de mouvements sociaux d’ampleur pour exprimer plus fortement, dans les entreprises, les services et les localités, le refus de la politique antisociale du gouvernement. Pas question d’accompagner cette contre-réforme !

Et, avec le collectif Stop TVA, Solidaires 56 travaille à la construction d’une campagne de terrain dans le Morbihan. D’ores et déjà une journée nationale de mobilisations et manifestations est programmée, le 8 février, dont une manifestation à Paris. 

Une pétition, qui a déjà réuni près de 11 000 signatures, est aussi en ligne


STOP TVA

  • Parce que la TVA est l’impôt le plus injuste.
  • Parce que la hausse de la TVA prévue en janvier servira à financer les cadeaux fiscaux au patronat
  • Parce qu'elle amputera le pouvoir d'achat des familles qui n'y arrivent déjà plus ....



La pétition est à signer sur

mercredi 15 janvier 2014

Plus de porcs, plus... d’écologie ?





Les élevages porcins de Bretagne, dont la taille n’a cessé d’augmenter et qui sont fortement polluants, doivent-ils encore croître ? Oui, a décidé le ministre de... l’Ecologie, dans un décret relevant le seuil d'autorisation des élevages industriels de porcs publié au Journal Officiel le 27 décembre 2013, et l’Union syndicale Solidaires 56 dénonce avec fermeté cette décision grandement irresponsable.

Depuis le 1er janvier, les élevages de 450 à 2000 porcs ne nécessitent plus d’autorisation préalable, laquelle n’est délivrée qu’après enquête sur l’impact environnemental. Seul un simple enregistrement en préfecture suffit. Exit, la contrainte écologique !


Le gouvernement parle de simplification administrative. Solidaires 56 préfère dire les choses clairement : on étend le permis de polluer ! Selon les pollueurs, l’écologie est une charge inacceptable, et la simplification les en délivre.

Le décret répond aux désirs des promoteurs d’une agriculture productiviste, d’un système industriel insensé, qui fonce droit dans le mur, et dont les conséquences sociales et environnementales sont particulièrement graves en Bretagne.





Prétendument, les porcheries de taille moyenne, victimes de la crise, ne peuvent tenir. Selon ces promoteurs, l’agrandissement serait une nécessité, et pour ce faire il faut faciliter autant que possible les extensions et créations de grands élevages, en supprimant les contraintes administratives « trop lourdes ».

L’Union syndicale Solidaires 56 sait à quel point la crise est vive dans le monde agricole et agro-alimentaire. Les récents plans sociaux d’entreprises basées en Bretagne l’ont cruellement rappelé.

Mais le modèle de développement que le gouvernement continue à soutenir est à rebours des choix à faire. C’est une fuite en avant, qui conduira au développement d’usines d’animaux toujours plus grandes, toujours plus polluantes, nécessitant toujours moins d’emplois. On comptabilisait 6 personnes à plein temps pour 1 000 porcs en 1988, il n’en fallait plus que 3 en 2000, et la situation s’est même aggravée depuis : il ne reste que 22000 exploitations aujourd’hui en France, contre 59000 en 2000...

D’ailleurs, le gouvernement renie ses engagements : il valide dans ce décret ce que réclamait le député Marc Le Fur en 2010, qui avait proposé pendant l'examen du projet de loi sur la modernisation de l'agriculture un amendement relevant les seuils, et qu’avait combattu... l’opposition d’alors, dont le PS...

Solidaires a maintes fois dénoncé, notamment dans le cadre du CESER de Bretagne où il siège, les choix aberrants du modèle productiviste agricole breton et la prolifération des algues vertes qui en est la conséquence, et dont il faut sérieusement supprimer les causes.

Alors qu’il existe des modèles alternatifs qui permettent de créer de l’emploi dans le monde agricole, de développer des filières de qualité (avec le retour au sol des animaux), de limiter de manière très significative les pollutions, le gouvernement a décidé d’enfoncer encore un peu plus le monde paysan dans la crise et l’impasse.


Pour l’Union syndicale Solidaires 56, ce ne doit pas être une fatalité. Solidaires 56 s’associe aux démarches engagées pour s’opposer à l’application d’un décret particulièrement dévastateur en Bretagne, et poursuit son engagement pour que puissent se développer d’autres voies paysannes.

samedi 11 janvier 2014

Rentrée solennelle des prud'hommes

Pour Solidaires la rentrée solennelle des prudhommes ne doit pas occulter la grave crise que traverse cette juridiction.
Non content d'avoir affaibli, au travers de l'ANI , les capacités des salariés à saisir le tribunal des prud'hommes, le gouvernement envisage maintenant de défaire les juges prudhommaux du lien démocratique qui les obligeait et les engageait.
La suppression du suffrage direct et la volonté de défaire chacun et chacune d'un droit que nous considérons comme inaliénable, sont symptomatiques d'un modèle de société que notre organisation syndicale entend combattre sans relâche.
Jamais il ne fut question d'utiliser la loi de 2008 sur la représentativité pour le renouvellement des prud'hommes.
Les salariés qui se sont exprimés lors des différents scrutins professionnels n’ont jamais été informés de cette éventualité.
Que dirait-on si, sans information préalable, on désignait les maires, les conseillers généraux, en fonction des résultats du scrutin législatif ?
La loi sur la représentativité est ainsi, sans scrupule, détournée par le gouvernement de son but initial.
La loi du plus fort ne saurait s'inscrire au fronton de nos mairies de façon durable.
Supprimer cette élection, c'est remettre en cause la légitimité même de l'institution, c'est l'affaiblir, voire la ruiner.
Le maintien de ces élections au suffrage direct est un impératif démocratique pour tous.

mercredi 11 décembre 2013

Intervention de l’Union Régionale Solidaires au CESER


Session plénière du 10 décembre 2013

Le Pacte d’avenir pour la Bretagne

Intervention de l’Union Régionale Solidaires



En introduction, nous voulons réaffirmer tout d'abord, qu’il est illusoire de croire que la Bretagne puisse sortir de la crise gravissime dans laquelle elle se trouve,  sans mettre rapidement fin,  en France comme en Europe, aux politiques néolibérales et  plans d’austérité qui nous enfoncent chaque jour un peu plus dans la crise systémique à la fois financière, économique, sociale et environnementale, au lieu de nous en sortir.

Il est également illusoire de croire que le consensus et la paix sociale sont et seront possibles tant que nous vivrons dans une société de plus en plus inégalitaire, dans  un monde où l’argent prime sur l’humain, la compétition sur la coopération, la domination de quelques uns sur la nécessaire solidarité de tous.

Le Pacte d’avenir pour la Bretagne présenté aujourd’hui devant notre instance consultative a été élaboré dans l’urgence pour apporter une réponse à la colère plus que légitime des salariés licenciés des entreprises Gad, Doux, Marine Harvest, Tilly Sabcco et bien d’autres encore, Au delà de ce dramatique contexte social il s'agit aussi pour le gouvernement de  répondre à la faillite du prétendu « modèle agricole breton », modèle économique productiviste aujourd'hui en bout de course, mais malheureusement encore dominant.

Insoutenable économiquement, insoutenable socialement ou écologiquement ce modèle doit être totalement réorienté. L’Union syndicale Solidaires considère donc qu’il incombe aux pouvoirs publics, Etat et collectivités territoriales de tout mettre en œuvre afin de financer un plan de reconversion :

  • favorisant enfin l'émergence d'une agriculture et d'un élevage moins intensifs plus respectueux de l'environnement et du bien-être des animaux, 
  • proposant des produits de bien meilleure qualité, 
  • encourageant la relocalisation de la transformation,
  • et garantissant enfin une juste rémunération et des conditions de travail décentes pour les salariés et paysans.
De toute évidence, ce Pacte ne répond pas aux exigences de cette nécessaire transition sociale et écologique que nous souhaitons et que réclame la gravité de la situation.

Tout au long du rapport qui nous a été présenté, mention est faite de la nécessité de renforcer le dialogue social, de parfaire la concertation. Permettez nous de nous interroger sur la valeur de telles déclarations lorsque l’on sait que notre organisation syndicale, la quatrième en Bretagne, tout comme d’autres qui siègent également au sein du Ceser, n’a jamais été invitée à débattre de ce Pacte, si ce n’est lors de la conférence du 6 novembre  et encore, sur notre demande express. 

Nous nous interrogeons également sur la sincérité des engagements pris par le Gouvernement pour accompagner et sécuriser les salariés privés d’emploi, quand dans un même temps est mise en œuvre, la contre réforme Sapin qui  casse littéralement l’Inspection du travail, empêchant  ce service public, d’assurer à l'avenir ses missions de protection des salariés et de veille du respect du code du travail par les employeurs.

Ce pacte d'avenir pour la Bretagne ne contient aucune avancée vraiment conséquente pour les salariés, il traduit cependant, une fois de plus, la confiance à priori que fait le Gouvernement aux entreprises ! 
Ainsi, aucune condition préalable, ni contrôle à posteriori des aides publiques qui vont être distribuées ne sont exigés ! Ce gouvernement est hélas coutumier du fait puisque cela a déjà été le cas, au niveau national cette année, lors du versement des 20 milliards de crédits d’impôts accordés au patronat sans aucune contrepartie. 

Ce Pacte ne contient également aucune mesure concrète qui permettrait d’apporter un peu de transparence sur quelques points essentiels, tels la future répartition des richesses produites dans notre région, ou bien encore la future répartition des marges entre producteurs, transformateurs et distributeurs tout au long des filières de l'agroalimentaire.

Ce Pacte ne remet pas non plus en cause le modèle agro-industriel basé sur le productivisme pollueur, la précarité généralisée, la casse des salariés,  la course aux volumes et aux bas salaires. Où est la remise en cause de cet  "agrobusiness" sous perfusion, qui engloutit chaque année des millions de subventions qui seraient bien mieux utilisées à développer un réel projet économique alternatif pour les salariés, les agriculteurs et plus largement pour les citoyens de notre région.

Pour construire un vrai transport écologique en Bretagne, il faudrait soutenir d’une manière volontariste et développer le service public de Fret SNCF en récréant des circulations ferroviaires régulières, offrant une vraie alternative au transport routier. Il faudrait arrêter la séparation des activités dans la SNCF qui nuit à la coopération et la mutualisation des moyens. Il faudrait arrêter le démantèlement de la SNCF en 3 EPIC tel que  prévu par le projet de Loi Ferroviaire.

Alors qu’il faudrait remettre les services publics au cœur des plans de développement sur nos territoires, le Pacte fait l’impasse sur le démantèlement du service public et des services sociaux, on parle en permanence sur la richesse et l’importance du réseau (maillage) des villes moyennes, bourgs bretons et pas un mot sur la disparition de classes, d’hôpitaux, de bureau de poste, de tribunaux etc. … qui outre le personnel sont des lieux d’équilibrage des territoires, d’égalisation des besoins sociaux et de vie de terroir. Les maisons de services au public ne sont pas des maisons de service public, tel qu’il devrait être.

Par contre le plan ne propose que de distribuer des fonds publics à des entreprises privées qui refusent aujourd'hui d'endosser toute responsabilité quant à la situation de crise actuelle. Ces dernières osent même continuer à réclamer de payer toujours moins d'impôts, de taxes et de prétendues "charges", sans avoir honte de quémander par ailleurs de nouvelles aides à l'Europe, à l'Etat et aux collectivités locales, toutes financées par nos impôts dont elles dénoncent pourtant la pesanteur en parlant de carcan administratif. 

Ce pacte se propose de "redonner aux bretons confiance en l'avenir" : c'est pourtant la persistance aveugle à maintenir et à soutenir un modèle économique libéral en crise, contraire aux intérêts des salariés, qui représente un réel risque de délitement et de fragmentation de la société bretonne. 

Au titre des mesures d'urgence, le pacte propose "d'accompagner" les salariés de l'industrie de la volaille. L’Union Régionale Solidaires de Bretagne refuse que les salariés paient le prix des stratégies patronales irresponsables qui, ont choisi une production de masse et  n'ont pas, de manière délibérée, anticipé l'extinction du système des aides à l'export.

Au-delà de ce Pacte d’avenir pour la Bretagne nous pensons qu’il est de la responsabilité du gouvernement de s’attaquer enfin au dumping social pratiqué par les entreprises et de peser pour que cette question soit réglée au niveau européen, comme il sera de sa responsabilité d’empêcher la commission européenne de brader nos intérêts et particulièrement ceux de l’agriculture, à travers un accord de libre échange sur le Grand Marché Transatlantique Etats-Unis–Europe en négociation actuellement.

Nous pensons aussi que la PAC doit être réorientée, qu'un moratoire sur tous les plans de licenciements doit être décrété afin de  protéger les salariés victimes de plans sociaux,  qu'un statut du salarié garantissant, une sécurité sociale professionnelle, ainsi que la continuité de la rémunération et de la protection sociale soit mis en place.

Dans cette perspective l’Union syndicale Solidaires se mobilisera et soutiendra toutes les mesures qui viseront à :

  • lutter efficacement contre le dumping social entre les états européens, 
  • lutter contre la paupérisation surtout des salariés les moins qualifiés, 
  • améliorer les conditions de travail et les salaires, 
  • mieux répartir les richesses pour garantir des salaires justes,
  • reconnaître et développer les compétences des salariés, 
  • leur offrir des formations qualifiantes, 
  • favoriser la création d’emplois stables et en CDI,
  • renforcer les droits des salariés et garantir la transparence sur les choix industriels et financiers,
  • garantir l’égalité de traitement entre les personnes qui réalisent les mêmes missions : en privilégiant l’emploi en CDI, en contribuant au respect des droits sociaux (protection sociale, retraite, famille) et en faisant bénéficier de manière égalitaire tous les travailleurs, y compris les travailleurs étrangers.
  • Enfin, pour terminer nous réaffirmons qu’il y a urgence à mettre en œuvre une véritable réforme fiscale qui mette fin à l’injustice actuelle, et assure une large redistribution. 
Dans cette perspective, la première mesure à prendre est d’annuler l’augmentation prévue de la TVA, cela suppose d’annuler le crédit impôt compétitivité emploi qu’elle est censée financer

Pour relocaliser les productions et préserver l’environnement, il faut remettre en œuvre, après concertation et les accompagnements nécessaires pour des régions comme la nôtre, une nouvelle politique fiscale en matière de transport et d’environnement.

C’est donc un véritable changement de cap politique, économique et social qui s’impose, à l’opposé de la doxa néolibérale sur la compétitivité et la réduction des dépenses publiques imposée par le dernier Traité Européen sur la Stabilité, la Coopération et la Gouvernance (TSCG) et par son Pacte budgétaire désastreux, y compris pour notre Région Bretagne.

L'Union régionale Solidaires Bretagne votera contre l'avis, même si celui-ci pointe un certain nombre d'imprécision, de thématiques  absentes ou insuffisamment développées.

Nous ne pouvons pas valider ces recommandations faites dans l'urgence, sur un dossier aussi important pour l'avenir de notre région, et qui, malheureusement pour les initiateurs, n'apportera que du mécontentement et le sentiment pour les bretons/bretonnes de ne pas avoir été effectivement écoutés.

dimanche 8 décembre 2013

Pacte d’avenir pour la Bretagne :



 Le compte n’y est pas pour les salariés !


Malgré l'évidence de la crise du modèle économique breton, le Pacte d'avenir pour la Bretagne n'est pas la transition sociale et écologique que réclame la situation. Alors que de nombreux secteurs industriels bretons sont en crise et que les plans sociaux se multiplient, le pacte d'avenir pour la Bretagne ne contient aucune avancée conséquente pour les salariés. 
Il traduit une fois de plus la confiance à priori que fait le Gouvernement au patronat, en n’exigeant aucune condition préalable ni contrôle à posteriori des aides publiques qui vont être distribuées, comme cela a déjà été le cas, au niveau national cette année, lors du versement des 20 milliards de crédits d’impôts accordés au patronat sans aucune contre partie. Ce Pacte ne contient également aucune mesure concrète qui permettrait d’apporter un peu de transparence sur un point essentiel, c'est-à-dire sur la répartition des richesses produites dans notre région, de la transparence sur la répartition de la valeur ajoutée et des profits entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs.
Passé le fait que Solidaires Bretagne n'a  été convié qu’une seule fois (le 6 novembre) à en débattre, la seule lecture du projet confirme  la  non remise en cause d'une agriculture et d'une agro-industrie basées sur le productivisme pollueur, la précarité et la casse des salariés. Un "agrobusiness" qui, sous perfusion, engloutie chaque année des millions de subventions qui seraient mieux utilisés à développer un réel projet économique alternatif pour les salariés, les agriculteurs et plus largement pour les citoyens de notre région.
Tout au contraire, des fonds vont être à nouveau distribués à des patrons d'entreprise niant toute responsabilité quant à la situation actuelle et qui, tout en réclamant de payer moins d'impôt, moins de taxes, moins de charges, n'ont aucune honte à quémander de nouvelles aides à l'Europe, à l'Etat et aux collectivités locales, tous financés par nos impôts, et dont ils dénoncent pourtant la pesanteur parlant de carcan administratif. 

Le pacte se propose de redonner aux  bretons  confiance en l'avenir : c'est pourtant la persistance aveugle à maintenir et à soutenir un modèle économique libéral en crise, contraire à l'intérêt des salariés, qui représente un réel risque de délitement et de fragmentation de la société bretonne.
Au titre des mesures d'urgence, le pacte propose "d'accompagner" les salariés de l'industrie de la volaille. Solidaires Bretagne refuse que les salariés paient le prix des stratégies de patrons qui, délibérément, n'ont pas anticipé l'extinction du système des aides à l'export.
Solidaires exige que le patronat fautif supporte seul la responsabilité des ses erreurs en assurant le maintien des emplois et  des rémunérations de tous les salariés y compris les intérimaires et que les volaillers qui ont fait fortune grâce aux subventions européennes à l'exportation recapitalisent sur leurs deniers personnels les entreprises qu'ils ont sciemment mises en péril.

Puisque les salariés n’ont pas été entendus par le Gouvernement, la mobilisation sociale doit rester à l’ordre du jour. Solidaires proposera aux autres organisations syndicales et aux associations citoyennes d’appeler à manifester le 13 décembre prochain,  lors de la venue du  Premier Ministre à Rennes.